Plus d'un mois sans écrire .... Rassurez-vous, vous mes lecteurs fidèles (je sais que vous n'êtes pas très nombreux), si je n'écris plus, c'est que tout va bien. Eh oui, la rentrée, vous l'avez compris, est un moment difficile qu'il est intéressant d'analyser par quelques réflexions manuscrites. Seul le fait de consigner ses peines, ses difficultés ou ses petits moments de bonheur permet de les comprendre, les résoudre ou les apprécier. Sinon, c'est du simple quotidien et, qu'on le veuille ou non, être enseignant sort du quotidien car chaque jour est une découverte.
Bref, je n'ai pas vraiment arrêté d'écrire mais m'intéresse désormais à la participation de mes petits 3DP6 au Prix littéraire mis en place pour la 1ère fois par la Région Rhône-Alpes.
Je vous invite donc à consulter le blog : http://prixlitterairerhonealpes.blogspot.com/
A bientôt
mercredi 26 novembre 2008
lundi 20 octobre 2008
Choses vues ...
1er devoir de français pour les 3DP6. Après avoir lu un texte, les élèves devaient répondre à quelques questions. La 2ème était: "Dans la phrase:"il avait descendu les quatre étages" pourquoi quatre est-il au singulier?
Eh bien voilà quelques perles:
- Car il y avait plusieurs étages et non pas quatres.
- Parce qu'il avait déjà descendu les quatre étages, donc on met pas de s.
- Ca veut dire qu'il habite au quatrième.
- C'est un complément.
- Parce qu'en vrai, il n'y en a pas quatre.
- Car il y a plusieurs étages dans son immeuble, alors il descend les escaliers.
- Parce qu'il ne se conjugue pas.
- Parce qu'il ne peut y avoir deux fois quatre étages.
- Parce qu'on parles d'étages.
- Car c'est lui qui descend les quatre étages. Il est tout seul.
- Car on dit un étage.
La meilleure: - Quatre étages n'est pas au pluriel car c'est à 8h10 qu'il a descendu les escaliers.
- Parce qu'il doit descendre pour aller au travail.
- Car il n'y a qu'une personne qui descend les escaliers.
De quoi méditer, non?
Eh bien voilà quelques perles:
- Car il y avait plusieurs étages et non pas quatres.
- Parce qu'il avait déjà descendu les quatre étages, donc on met pas de s.
- Ca veut dire qu'il habite au quatrième.
- C'est un complément.
- Parce qu'en vrai, il n'y en a pas quatre.
- Car il y a plusieurs étages dans son immeuble, alors il descend les escaliers.
- Parce qu'il ne se conjugue pas.
- Parce qu'il ne peut y avoir deux fois quatre étages.
- Parce qu'on parles d'étages.
- Car c'est lui qui descend les quatre étages. Il est tout seul.
- Car on dit un étage.
La meilleure: - Quatre étages n'est pas au pluriel car c'est à 8h10 qu'il a descendu les escaliers.
- Parce qu'il doit descendre pour aller au travail.
- Car il n'y a qu'une personne qui descend les escaliers.
De quoi méditer, non?
vendredi 10 octobre 2008
Trop longtemps ... mais du mieux!
Ouh la la, cela fait bien longtemps que je n'ai pas pris le temps d'écrire. Finalement, c'est bien comme ça car tout bouge, tout s'améliore et le temps devient plus agréable.
Les BEP1 ne m'ont même pas donné l'occasion de les faire travailler en demi-groupe, ils semblent avoir eu le déclic. Ouf! du coup, les séances deviennent à peu près agréables et tous les élèves semblent se respecter. Ironie du sort! en PPCP (projet pluridisciplinaire à caractère professionnel, pour les non initiés), ils veulent préparer un voyage et me demandent de les accompagner parce que "vous êtes cool"! Incompréhensible!!!!! Bon, on passe à autre chose, on est sur le chemin de l'apprentissage.
Les 1ères A et B manifestent un réel engouement pour la littérature et toutes les formes d'expression artistique et posent des tonnes de questions. C'est super, fatiguant mais super encourageant. Le DS (devoir surveillé, toujours pour les non initiés) n'a pas été très bon mais la correction a, je pense, répondu à leurs nombreuses questions. La note est un tremplin pour aller plus loin, me plais-je à leur répéter. Ils me répondent systématiquement: "vous expliquerez ça à nos parents". Mais, oui, je leur expliquerai que la note n'est pas une fin en soi ; en revanche, ce qui compte, c'est de comprendre pourquoi on a eu telle ou telle note.
3DP6: les BD suscitent l'engouement de quelques élèves, provoquent l'envie de lire d'autres BD et même des romans. "Madame, je peux emprunter un roman pour les vacances?", m'a demandé Mirssada, ce matin. Bien sûr, avec plaisir.
Julie a apprécié "Couleur de peau: Miel" qu'elle a dévoré chez elle alors que lire n'est pas sa tasse de thé. Même Alexandre qui m'a répété toute la semaine que cet album était trop gros et que ça le saoûlait de le lire, est parvenu, ce matin, à en lire les 3/4. Du coup, je leur concocte une sortie dans un salonde la BD et du dessin de presse de Rive de Gier assortie d'une rencontre avec un auteur de BD qui les recevra spécialement. J'ai négocié pendant 2 jours avec le président de l'association BD'ART pour que cette animation ne nous coûte rien. On a "topé" pour un coût de 5€ par élève que j'essaierai de faire supporter à la MDL (Maison des Lycéens, le foyer, en quelque sorte!). Merci Christelle, d'accepter cette prise en charge!
Depuis ce matin, j'ai décidé de leur lire en début de chaque cours, un ou 2 chapitres d'un petit ouvrage intitulé "écoliers des années 50". Je m'étais auparavant enquis de la date de naissance des parents pour voir si certaines informations pouvaient donner prétexte à des questions en famille. Pile, dans le mille; les dates de naissance des parents s'étalent de 1955 à 1975. 2 chapitres ce matin, et, devant moi, des écoliers, bouche bée et oreilles grandes ouvertes. Rentrée le 1er octobre, les brodequins, l'encre violette, et les pots de colle à l'odeur d'amande amère.. Que de souvenirs pour nous et que d'interrogations et de mystères pour eux!
Ce matin, après tout ça, visite de la maison de retraite. C'est la 1ère visite dans le cadre de la découverte professionnelle. L'infirmière cadre qui nous a reçus est un modèle de patience, de douceur et de pédagogie. La maison de retraite est un havre de paix et de douceur également. Je pense que les élèves étaient contents de cette visite. Guillaume a pensé qu'il pourrait peut-être travailler dans les cuisines d'une maison de retraite.
Une semaine agréable (je n'évoque pas les désirs de fugue de certains élèves -majeurs heureusement, et autres menaces de certains sur d'autres, les visites de parents et les pétages de plomb de quelques élèves...on oublie tout ça).
Une autre semaine commencera avec son lot de satisfactions passé.
Les BEP1 ne m'ont même pas donné l'occasion de les faire travailler en demi-groupe, ils semblent avoir eu le déclic. Ouf! du coup, les séances deviennent à peu près agréables et tous les élèves semblent se respecter. Ironie du sort! en PPCP (projet pluridisciplinaire à caractère professionnel, pour les non initiés), ils veulent préparer un voyage et me demandent de les accompagner parce que "vous êtes cool"! Incompréhensible!!!!! Bon, on passe à autre chose, on est sur le chemin de l'apprentissage.
Les 1ères A et B manifestent un réel engouement pour la littérature et toutes les formes d'expression artistique et posent des tonnes de questions. C'est super, fatiguant mais super encourageant. Le DS (devoir surveillé, toujours pour les non initiés) n'a pas été très bon mais la correction a, je pense, répondu à leurs nombreuses questions. La note est un tremplin pour aller plus loin, me plais-je à leur répéter. Ils me répondent systématiquement: "vous expliquerez ça à nos parents". Mais, oui, je leur expliquerai que la note n'est pas une fin en soi ; en revanche, ce qui compte, c'est de comprendre pourquoi on a eu telle ou telle note.
3DP6: les BD suscitent l'engouement de quelques élèves, provoquent l'envie de lire d'autres BD et même des romans. "Madame, je peux emprunter un roman pour les vacances?", m'a demandé Mirssada, ce matin. Bien sûr, avec plaisir.
Julie a apprécié "Couleur de peau: Miel" qu'elle a dévoré chez elle alors que lire n'est pas sa tasse de thé. Même Alexandre qui m'a répété toute la semaine que cet album était trop gros et que ça le saoûlait de le lire, est parvenu, ce matin, à en lire les 3/4. Du coup, je leur concocte une sortie dans un salonde la BD et du dessin de presse de Rive de Gier assortie d'une rencontre avec un auteur de BD qui les recevra spécialement. J'ai négocié pendant 2 jours avec le président de l'association BD'ART pour que cette animation ne nous coûte rien. On a "topé" pour un coût de 5€ par élève que j'essaierai de faire supporter à la MDL (Maison des Lycéens, le foyer, en quelque sorte!). Merci Christelle, d'accepter cette prise en charge!
Depuis ce matin, j'ai décidé de leur lire en début de chaque cours, un ou 2 chapitres d'un petit ouvrage intitulé "écoliers des années 50". Je m'étais auparavant enquis de la date de naissance des parents pour voir si certaines informations pouvaient donner prétexte à des questions en famille. Pile, dans le mille; les dates de naissance des parents s'étalent de 1955 à 1975. 2 chapitres ce matin, et, devant moi, des écoliers, bouche bée et oreilles grandes ouvertes. Rentrée le 1er octobre, les brodequins, l'encre violette, et les pots de colle à l'odeur d'amande amère.. Que de souvenirs pour nous et que d'interrogations et de mystères pour eux!
Ce matin, après tout ça, visite de la maison de retraite. C'est la 1ère visite dans le cadre de la découverte professionnelle. L'infirmière cadre qui nous a reçus est un modèle de patience, de douceur et de pédagogie. La maison de retraite est un havre de paix et de douceur également. Je pense que les élèves étaient contents de cette visite. Guillaume a pensé qu'il pourrait peut-être travailler dans les cuisines d'une maison de retraite.
Une semaine agréable (je n'évoque pas les désirs de fugue de certains élèves -majeurs heureusement, et autres menaces de certains sur d'autres, les visites de parents et les pétages de plomb de quelques élèves...on oublie tout ça).
Une autre semaine commencera avec son lot de satisfactions passé.
mercredi 1 octobre 2008
Sacré mardi!!
Eh ben non, toujours pas de modus vivendi avec les BEP1.. Le rapport de force s'installe entre 4 ou 5 garçons, 2 filles et moi ... et les autres élèves qui commencent sérieusement à saturer. Heure de vie de classe, la veille: Kevin estime qu'il est agité car il veut qu'on s'occupe de lui. Il faut que je lui dise que la méthode n'est pas la bonne. Mickaël et Jason ont des attitudes de gamins qui ne sont visiblement pas là pour bosser, Fidji s'émerveille des bêtises de Mickaël, bref, on n'avance pas. Sandrine me propose de les prendre en groupe pendant quelques séances pour pouvoir sortir de la crise. Bonne idée. Je commence la semaine prochaine.
Super moment avec les 3DP6: en préambule de la séquence sur le théâtre de l'engagement, je leur ai proposé de jouer des saynètes de 5 minutes préparées lors de la précédente séance. Ils se sont éclatés à le faire et j'ai vraiment rigolé lors du jeu théâtral. Ils sont très bons. Je leur ai donc proposé de créer une pièce d'environ 40 minutes sur un thème de leur choix afin d'organiser une représentation avant Noël. Enthousiasme quasi général (seuls 3 élèves ne veulent pas participer). Ils se mettront à l'écriture dès leurs prochaines heures d'étude, jeudi. J'ai quand même informé Valérie que l'étude pourrait être agitée et lui en ai donné les raisons. Je suis persuadée qu'ils vont faire quelque chose de très drôle et qu'ils seront très "pro" dans leurs rôles.
Super moment avec les 3DP6: en préambule de la séquence sur le théâtre de l'engagement, je leur ai proposé de jouer des saynètes de 5 minutes préparées lors de la précédente séance. Ils se sont éclatés à le faire et j'ai vraiment rigolé lors du jeu théâtral. Ils sont très bons. Je leur ai donc proposé de créer une pièce d'environ 40 minutes sur un thème de leur choix afin d'organiser une représentation avant Noël. Enthousiasme quasi général (seuls 3 élèves ne veulent pas participer). Ils se mettront à l'écriture dès leurs prochaines heures d'étude, jeudi. J'ai quand même informé Valérie que l'étude pourrait être agitée et lui en ai donné les raisons. Je suis persuadée qu'ils vont faire quelque chose de très drôle et qu'ils seront très "pro" dans leurs rôles.
samedi 27 septembre 2008
Efficacité ... Pourvu que ça dure! mais quelques difficultés persistent
Je m'étais trompée: les BEP1 saturent au bout d'une heure et demie de cours. Le cours de mardi soir s'est terminé en jus de boudin.. fâcherie, sermon, et puis, zut, un D.S. de 10 minutes pour rédiger la synthèse sur les 30 glorieuses. Evidemment les critiques ne se sont pas fait attendre. Certains garçons décrochent très vite mais ne se contentent pas de ça. Ils font carrément comme si je n'étais pas là, "tapent la discute", se moquent des uns et des autres, bref, ça devient pénible. Donc contrôle de fin d'heure, le truc que je déteste par dessus-tout. Bon, ça c'est fait. les notes vont de 00 (Mickaël, toujours dans sa provoc', a rendu feuille blanche) à 16 (Benjamin avait anticipé en rédigeant la synthèse chez lui).
C'est sûr que ces 3 heures de cours dans la journée avec la même prof doivent leur paraître un peu longues. De toute évidence il faudra qu'on trouve rapidement un modus vivendi. Le problème, dans ce boulot, est que l'on définit souvent une ambiance de classe à cause de 3 ou 4 électrons libres sans tenir compte des autres qui essayent de s'accrocher, de bosser, de participer et qui, eux-mêmes, s'opposeraient à ce groupe d'électrons libres. Cela pour dire que cette classe serait globalement intéressante, justement à cause de sa diversité, si ces garçons n'étaient pas là. Malheureusement, ça fait partie du jeu.
Incident chez les 1B.. La séquence sur l'autobiographie nous fait aborder quelques notions de psychanalyse à travers 2 extraits de Françoise Dolto et Bruno Bettelheim, toujours sur fond d'argumentation. Une élève, M., s'est subitement emportée sans que je voie venir l'incident. Au moment où je j'ai interrogée, l'invitant à argumenter sur l'importance des traumatismes de la petite enfance pour la construction de l'identité, elle m'a répondu tout de go qu'elle s'en foutait et qu'elle se barrait de mon cours, que je n'avais qu'à la noter exclue. Niet, c'est pas comme ça que ça marche... Bref, j'ai eu beau dire et beau faire, j'ai juste réussi à téléphoner à la vie scolaire et à la faire accompagner par un élève.. Ce qui s'est passé dans sa tête est complexe. Ou malheureusement, pas tant que ça. Elle vit un moment très difficile dans sa famille, et souffre d'un manque d'amour.. Forcément, elle n'avait pas envie d'entendre certaines analyses qui la touchaient de très près. Les textes ont été un déclencheur de quelque chose et elle a démarré au quart de tour. Rien compris, je n'ai rien compris. Ses souffrances m'ont été rapportées après coup. Nous sommes confrontés à de nouveaux comportements d'élèves auxquels nous ne sommes pas préparés.
Bon, l'efficacité de la semaine est que j'ai décroché des rendez-vous pour des vistes d'entreprises avec mes 3 DP6. La maison de retraite la semaine prochaine et la semaine suivante, Carrefour, les 2 semaines après les vacances, la maison des Allobroges le 24/10. Et puis, j'ai dégoté 4 stages pour 4 élèves.. Super! ça y est je sors de la sphère de la rentrée et de toutes ses découvertes pour rentrer dans la sphère de l'action et de l'efficacité.
Certains moments sont difficiles mais globalement, c'est un beau métier que celui-ci.
C'est sûr que ces 3 heures de cours dans la journée avec la même prof doivent leur paraître un peu longues. De toute évidence il faudra qu'on trouve rapidement un modus vivendi. Le problème, dans ce boulot, est que l'on définit souvent une ambiance de classe à cause de 3 ou 4 électrons libres sans tenir compte des autres qui essayent de s'accrocher, de bosser, de participer et qui, eux-mêmes, s'opposeraient à ce groupe d'électrons libres. Cela pour dire que cette classe serait globalement intéressante, justement à cause de sa diversité, si ces garçons n'étaient pas là. Malheureusement, ça fait partie du jeu.
Incident chez les 1B.. La séquence sur l'autobiographie nous fait aborder quelques notions de psychanalyse à travers 2 extraits de Françoise Dolto et Bruno Bettelheim, toujours sur fond d'argumentation. Une élève, M., s'est subitement emportée sans que je voie venir l'incident. Au moment où je j'ai interrogée, l'invitant à argumenter sur l'importance des traumatismes de la petite enfance pour la construction de l'identité, elle m'a répondu tout de go qu'elle s'en foutait et qu'elle se barrait de mon cours, que je n'avais qu'à la noter exclue. Niet, c'est pas comme ça que ça marche... Bref, j'ai eu beau dire et beau faire, j'ai juste réussi à téléphoner à la vie scolaire et à la faire accompagner par un élève.. Ce qui s'est passé dans sa tête est complexe. Ou malheureusement, pas tant que ça. Elle vit un moment très difficile dans sa famille, et souffre d'un manque d'amour.. Forcément, elle n'avait pas envie d'entendre certaines analyses qui la touchaient de très près. Les textes ont été un déclencheur de quelque chose et elle a démarré au quart de tour. Rien compris, je n'ai rien compris. Ses souffrances m'ont été rapportées après coup. Nous sommes confrontés à de nouveaux comportements d'élèves auxquels nous ne sommes pas préparés.
Bon, l'efficacité de la semaine est que j'ai décroché des rendez-vous pour des vistes d'entreprises avec mes 3 DP6. La maison de retraite la semaine prochaine et la semaine suivante, Carrefour, les 2 semaines après les vacances, la maison des Allobroges le 24/10. Et puis, j'ai dégoté 4 stages pour 4 élèves.. Super! ça y est je sors de la sphère de la rentrée et de toutes ses découvertes pour rentrer dans la sphère de l'action et de l'efficacité.
Certains moments sont difficiles mais globalement, c'est un beau métier que celui-ci.
mardi 23 septembre 2008
4ème semaine!
Lundi, tête de pastèque... 4 heures avec les 3DP6 hier. J'ai failli exploser. Non pas de colère, non. J'ai préparé ma 1ère heure de vie de classe et ai commencé à distribuer un questionnaire. Tout le monde a bien joué le jeu et c'est intéressant de voir avec quelle facilité les élèves livrent leurs impressions. De façon générale, les élèves ont le sentiment d'avoir réussi leur rentrée qu'ils considèrent, d'ailleurs, comme un nouveau départ. Ils sont majoritairement demandeurs d'autorité - et ça, ça m'étonnera toujours- si un cours se fait dans le bruit, ils ne supportent pas le "laxisme du prof" (bien sûr, eux ne disent pas laxisme mais manque d'autorité, et disent tout simplement que le prof est pas capable de gérer la classe!!!). A cela, je sors le discours habituel qu'un prof est là pour transmettre le savoir et pas pour faire de la discipline, et patacouffin.... Promis, juré, ils ne parleront plus en cours, "on va essayer, Madame, on a compris..".
Bon, les questions fusaient dans tous les sens, qui sur les heures d'étude, qui sur les difficultés en math, qui sur l'ambiance de la classe... Mélissa m'a dit qu'elle avait peur que je l'oublie. Et voilà ce qui explique qu'elle se place devant moi et qu'elle lève le doigt systématiquement, et même avant que j'aie fini de poser la question. Certains traînent des complexes d'infériorité énormes et ce sera peut-être long de leur redonner confiance. L'école génère parfois un gâchis dont elle n'a pas souvent conscience. Les discours des élèves sur leur scolarité antérieure sont parfois édifiants ... et angoissants.
Je parle beaucoup de ces 3DP6 mais je les ai, au bas mot, 8 heures par semaine (15h la semaine dernière ). Ils me demandent beaucoup d'énergie, ces petits.
Hier après-midi, le cours de 2 heures avec un groupe de Term Bac m'a paru, du coup, d'une simplicité limpide. Mais, vrai de vrai, j'avais le crâne prêt à exploser.
Il y a longtemps que je n'ai pas parlé des BEP en 1 an. J'ai bien compris que ces élèves étaient demandeurs d'autres formes d'enseignement. Un peu désabusés par le système, pas très enclins à se remettre en cause sur les méthodes d'apprentissage, bref, pas vraiment scolaires, ils sollicitent notre bienveillance et notre compréhension tout en ayant envie d'apprendre mais sans oser s'avouer qu'ils avancent. Complexe, tout ça. Après avoir bien entamé la séquence sur les messages argumentatifs à partir de textes, j'ai amorcé un virage à gauche, toutes voiles dehors et leur ai demandé de préparer, en groupes, des argumentaires sur des thèmes d'actualité : La vente libre d'armes à feu, l'américanisation de la culture, le mariage, la liberté de la presse, la corrida, la peine de mort et l'armée de métier. Et là, oh, surprise! adhésion générale de la classe et préparation très sérieuse de chaque groupe. Soulagement sur toute la ligne. On termine les débats cet après-midi et je pense que la classe sera dorénavant prête à se replonger dans le "traditionnel": Au programme, thèse implicite et explicite et lecture de l'image. Affaire à suivre.
Bon, les questions fusaient dans tous les sens, qui sur les heures d'étude, qui sur les difficultés en math, qui sur l'ambiance de la classe... Mélissa m'a dit qu'elle avait peur que je l'oublie. Et voilà ce qui explique qu'elle se place devant moi et qu'elle lève le doigt systématiquement, et même avant que j'aie fini de poser la question. Certains traînent des complexes d'infériorité énormes et ce sera peut-être long de leur redonner confiance. L'école génère parfois un gâchis dont elle n'a pas souvent conscience. Les discours des élèves sur leur scolarité antérieure sont parfois édifiants ... et angoissants.
Je parle beaucoup de ces 3DP6 mais je les ai, au bas mot, 8 heures par semaine (15h la semaine dernière ). Ils me demandent beaucoup d'énergie, ces petits.
Hier après-midi, le cours de 2 heures avec un groupe de Term Bac m'a paru, du coup, d'une simplicité limpide. Mais, vrai de vrai, j'avais le crâne prêt à exploser.
Il y a longtemps que je n'ai pas parlé des BEP en 1 an. J'ai bien compris que ces élèves étaient demandeurs d'autres formes d'enseignement. Un peu désabusés par le système, pas très enclins à se remettre en cause sur les méthodes d'apprentissage, bref, pas vraiment scolaires, ils sollicitent notre bienveillance et notre compréhension tout en ayant envie d'apprendre mais sans oser s'avouer qu'ils avancent. Complexe, tout ça. Après avoir bien entamé la séquence sur les messages argumentatifs à partir de textes, j'ai amorcé un virage à gauche, toutes voiles dehors et leur ai demandé de préparer, en groupes, des argumentaires sur des thèmes d'actualité : La vente libre d'armes à feu, l'américanisation de la culture, le mariage, la liberté de la presse, la corrida, la peine de mort et l'armée de métier. Et là, oh, surprise! adhésion générale de la classe et préparation très sérieuse de chaque groupe. Soulagement sur toute la ligne. On termine les débats cet après-midi et je pense que la classe sera dorénavant prête à se replonger dans le "traditionnel": Au programme, thèse implicite et explicite et lecture de l'image. Affaire à suivre.
jeudi 18 septembre 2008
Ouf!
Première heure: cours d'histoire avec les 3DP6. Je termine la guerre froide et la construction européenne, je démarre la séquence sur la naissance et les éclatements du Tiers-Monde. Tout se passe dans une participation organisée. J'en profite, j'avance, je me délecte.... Alexandre n'a pas bougé, pas bronché pendant l'heure. Il est resté assis, a pris des notes ... A la fin de l'heure, je l'ai appelé dans le couloir. L'espace d'un instant, j'ai lu dans ses pensées:"qu'est-ce qu'elle me veut encore, j'ai rien fait". Je l'ai félicité pour son attitude et lui ai demandé d'adjoindre de la participation à sa bonne tenue. Il a acquiescé. Pour être honnête, le papa devait venir à 12h, nous rencontrer et je pense que la démarche a dû l'effrayer ...un peu!
Le papa est venu et nous avons discuté du comportement d'Alexandre et de ses frasques de lundi après-midi à Samoëns (et de celles des jours précédents et suivants!). Le papa tient le même discours que nous et partage notre souhait de voir son fils adopter une bonne conduite, pas soumise, non, mais à tout le moins respectueuse. Le couperet est tombé: Alexandre est à l'essai jusqu'aux vacances de Toussaint. Je pense qu'il a compris. L'avenir nous le confirmera.
Le papa est venu et nous avons discuté du comportement d'Alexandre et de ses frasques de lundi après-midi à Samoëns (et de celles des jours précédents et suivants!). Le papa tient le même discours que nous et partage notre souhait de voir son fils adopter une bonne conduite, pas soumise, non, mais à tout le moins respectueuse. Le couperet est tombé: Alexandre est à l'essai jusqu'aux vacances de Toussaint. Je pense qu'il a compris. L'avenir nous le confirmera.
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